mercredi 6 janvier 2021

Auxerre confirme son choix de l'hydrogène

Sur son site, la Communauté d’agglomérations de l’Auxerrois défend son choix de l’hydrogène. La collectivité entend se positionner comme un territoire innovant. 

Il est rappelé en préambule qu'une commande de cinq bus à hydrogène a été passée pour un montant total de 3 125 000 €. Une partie de ce montant sera subventionnée par l’État (via l'ADEME) ainsi que l’Europe (par le programme JIVE 2). Il s'agira d'ailleurs de bus "Made in France" fournis par Safra. Leur mise en circulation est prévue pour septembre 2021. 

Dans le but de créer une filière et démocratiser cette technologie, le contrat prévoit qu’une entreprise locale sera formée par Safra pour effectuer la maintenance des bus. C’est la concession Renault Trucks auxerroise - établissement Hamel Poids Lourds - qui a été retenue. 

Pour alimenter ces bus, une station sera aménagée à Auxerre. Elle sera située avenue de la Turgotine, sur les anciens dépôts Shell. C’est l’entreprise CP3, filiale d'EDF, qui est en charge de la construction. Elle y installera un électrolyseur d’1 MW pour produire de l’hydrogène à partir d’électricité renouvelable. La fin des travaux est programmée pour l’été 2021. 

Précisons que la station produira de l'hydrogène pour les bus, mais aussi les camions et véhicules utilitaires industriels qui souhaiteraient s’y approvisionner. 

A noter que la Région, partenaire de ce projet prévoit, quant à elle, des trains à hydrogène qui s’approvisionneront dans la future station.

Pour la communauté d’agglo, qui comprend 29 communes, l’objectif est de débuter la mise en place d’une filière pour l’hydrogène décarboné sur son territoire. Elle veut attirer des porteurs de projets et des entreprises sur l’ensemble des axes de la filière (recherche, production, stockage, transport et distribution) afin de créer une véritable synergie entre les différents acteurs. 

"Alors que cette énergie est en cours de développement, son implantation future dans l’auxerrois est à ce stade, un choix qui fait entrer notre territoire dans la cour des grandes agglomérations engagées sur ce sujet pionnier", comment Magloire Siopathi, Vice-président, chargé de la mobilité et de la politique des transports. 



mardi 5 janvier 2021

Gaussin à la conquête de l'Amérique pour ses véhicules H2

La PME d'Héricourt vient d'annoncer la création d'une filiale aux Etats-Unis. Celle-ci fait suite à la signature de partenariats et accords commerciaux stratégiques ces derniers mois avec des groupes nord-américains. 

Gaussin a par exemple conclu un deal avec l'équipementier Magna International pour bénéficier d'une licence exclusive mondiale pour son châssis modulaire destiné aux applications de poids lourds routiers électriques et à hydrogène. Cet accord, d’une durée de 20 ans, fait entrer l'industriel français sur le marché du poids lourd routier. 

Gaussin est par ailleurs lié à Plug Power, qui fournit ses piles à combustible à travers la motorisation ProGen. 

Le dernier partenariat en date concerne Robotic Research pour développer des véhicules autonomes (avec la technologie AD Kit).  

La création de Gaussin North America permet d'accéder à l’un des plus importants marchés au monde.  Les véhicules électriques et H2 de l'entreprise sont actuellement en phase d’essais chez les principaux acteurs de la logistique et du E-commerce aux États-Unis. Quant à la future gamme de poids lourds, actuellement en développement, elle sera également commercialisée outre-Atlantique avec une ouverture des pré-commandes dès le 1er trimestre 2021.

lundi 4 janvier 2021

Hydrogène : la vision de Daniel Hissel

Dans une interview publiée par le Journal du CNRS, le spécialiste Daniel Hissel, ex-patron du FCLAB de Belfort et médaille de l’innovation 2020 du Centre National de la Recherche Scientifique), dresse un état des lieux de l'hydrogène. 

Extraits choisis.

"Lorsque j’ai commencé à travailler sur le sujet, les piles à combustible étaient extrêmement chères, d’une durée de vie courte, avec de faibles performances. Les efforts de notre laboratoire et de l’ensemble des acteurs de la filière, y compris les industriels, se sont donc portés sur ces trois volets. Bilan : aujourd’hui, à puissance identique, le prix a été divisé par 30. On a réduit le volume requis pour une même puissance par un facteur 50. Quant à la durée de vie, elle a été multipliée par 40 ou 50 selon les usages..."

"Les véhicules thermiques aujourd’hui embarquent déjà du platine, dans leur pot d’échappement catalytique. Entre 2 et 8 grammes par pot, ce qui n’est pas négligeable. Dans une pile à combustible destinée à l’automobile, il en faut entre 10 et 20 grammes. C’est encore trop, mais on peut espérer diminuer cette quantité. Par ailleurs, le platine est l’un des rares métaux pour lesquels il existe une filière de recyclage efficace à l’échelle mondiale, grâce au pot catalytique".

"Il existe des applications commerciales des piles à hydrogène, non subventionnées, qui sont beaucoup plus compétitives que celles qu’elles viennent remplacer. Je pense par exemple aux chariots élévateurs électriques utilisés dans des entrepôts, où l’on va vers 100 % d’électricité « hydrogène ». Mais les applications ne sont pas cantonnées à la mobilité (voitures, bus, camions, trains). Il y a aussi le « stationnaire ». Il peut s’agir de produire de l’électricité sur des sites isolés, comme avec un groupe électrogène, sauf que là vous n’avez ni bruit ni pollution. Ou bien équiper une maison, ou un immeuble, avec une pile à combustible". 

"Le dihydrogène est un combustible que l’on envisage par exemple pour l’aviation grand public. Cela permettrait de faire voler des avions propres".

" Aujourd’hui, l’électrolyse ne représente que 5 % de la production d’H2. On peut bien entendu augmenter cette part en fabriquant davantage d’électrolyseurs. Mais alors se pose la question de l’origine de l’électricité les alimentant. Il faut qu’elle-même soit d’origine renouvelable, solaire ou éolienne. Cela dit, l’électricité du réseau français est d’ores et déjà très décarbonée, car majoritairement d’origine nucléaire".

"Nous sommes dans le peloton de tête, ce qui est très bien. Dans ce peloton, vous avez la Chine, le Japon, la Corée du Sud... En Europe, l’Allemagne et les pays nordiques, surtout la Norvège, sont bien placés aussi. Les États-Unis sont également présents dans ce secteur, mais derrière le Canada. Nous sommes donc bien positionnés, mais attention, les choix stratégiques que nous allons faire maintenant détermineront notre place dans les cinq à dix ans à venir";

L'entretien intégral est à suivre ici.

jeudi 31 décembre 2020

Avion à hydrogène : Airbus s'intéresse à Faurecia

Dans un entretien publié par l'Usine Nouvelle, Jean-Brice Dumont, directeur de l'ingénierie du groupe Airbus, fait une annonce intéressante. 

Questionné sur la nécessité de se rapprocher de l'industrie automobile, il répond ceci : "Oui, il peut y avoir beaucoup de partages, car nous avons de nombreuses problématiques en commun. Nous avons déjà des échanges avec l’équipementier Faurecia. Il faut en particulier que nous nous assurions avec eux que la filière de l’hydrogène prenne bien forme".

L'équipementier peut adapter son offre. Il fournit par exemple des réservoirs à hydrogène pour les camions de Hyundai et les engins spéciaux de Gaussin. Alors, pourquoi pas les avions ?

Rappelons que Faurecia a déjà des liens avec l'aéronautique. Le groupe a passé un accord avec Stelia Aerospace, une filiale de l'avionneur, dans le domaine des réservoirs à hydrogène. Celui-ci prévoit « un accès exclusif à la propriété intellectuelle et au savoir-faire industriel de Stelia Aerospace Composites dans le domaine des réservoirs à hydrogène en composite ».

mercredi 30 décembre 2020

Un lavoir éclairé par l'hydrogène à Montceau-les-Mines

C'est une belle histoire autour d'un patrimoine qui tient à coeur des habitant de la ville. Le conseil municipal de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) a voté un projet original de rénovation de l'éclairage urbain (8 ans de travaux pour remplacer plus de 4 000 luminaires). 

Et celui-ci servira au passage à redonner du lustre au lavoir des Chavannes*. Il sera ainsi éclairé à l’hydrogène, une énergie du futur pour ce monument qui fonctionnait autrefois au... charbon. 

La société Citelum (EDF) a en effet proposé d'utiliser des énergies renouvelables. Sur le site, des batteries seront installées pour le stockage de l’électricité, ainsi que 60 m²  de panneaux solaires. Ces derniers produiront l’énergie nécessaire pour l’électrolyseur, qui séparera les atomes d’eau en atomes d’oxygène et d’hydrogène. Ce dernier sera ensuite capté et stocké, avant d’être réinjecté dans une pile à combustible qui produira de l’électricité. 

Précisons au passage que la réaction chimique produit aussi de... l'eau. Ce qui est commode pour un lavoir.  

D'un montant de 3,3 millions d'euros, le projet de rénovation urbain commencera à se concrétiser à partir de mars 2021. 

*Un lavoir à charbon construit à partir de 1923 à l'instigation des Houillères de Blanzy. Il fonctionna jusqu'à l'automne 1999, avant son inscription aux monuments historiques l'année suivante.



mardi 29 décembre 2020

H2SYS et Faurecia premiers bénéficiaires du fonds Maugis

On connaît les premiers bénéficiaires de la pénalité de 50 millions d'euros infligée à General Electric pour le non-respect de ses obligations en termes d'emplois à Belfort. Le comité de gestion mis en place pour gérer le fonds de revitalisation industrielle (dit "fonds Maugis*") a en effet validé le 22 décembre deux premiers projets. 

Le premier bénéficiaire est la société H2SYS, basée à Belfort. L'accompagnement financier est conditionné au lancement d’une chaîne de production et à la création d’un nombre d’emplois minimum. Rappelons que la start-up, spécialisée dans la production de groupes électrogènes à piles à combustible, avait déjà reçu 800 000 euros dans le cadre du fonds de soutien à l'industrie. 

Le comité a, par ailleurs, donné un avis favorable à Faurecia pour son projet portant sur la création d’une ligne de production de réservoirs à hydrogène. L'équipementier doit toutefois fournir des précisions sur le périmètre de ce projet et sa temporalité. 

La prochaine réunion du comité est prévue le 20 janvier afin, entre autres, d’étudier de nouvelles demandes d’accompagnement financier.

*Du nom de Guy Maugis, l'ancien Président de Bosch France, nommé par Bercy pour gérer ce dossier. Le comité Maugis rassemble également Hugh Bailey, directeur général de GE France, Damien Meslot, maire de Belfort, Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, mais aussi le préfet du Territoire de Belfort, Jean-Marie Girier. Le comité de gestion est composé quant à lui de Ulrike Steinhorst, administratrice de Valéo et ancienne d’EDF et d’EADS, Martine Viallet, du ministère du Budget et des comptes publics, et de Bernard Streit, ancien président-directeur général de Delfingen.

2020 : une année de référence pour l'hydrogène

Alors que l'on se prépare à tourner la page de 2020, une année à oublier pour cause de Covid, la période aura été marquante pour le secteur de l'hydrogène. Elle a été riche en annonces, avec le green Deal de l'Europe, les plans de relance de la France et de l'Allemagne... 

Et au niveau de la région, il s'en est passé des choses avec la décision de Faurecia d'implanter son centre mondial de recherche sur les réservoirs à Bavans (Doubs), la remorque frigorifique H2 de Chereau avec de la technologie de H2SYS, ou encore la présentation des futurs véhicules à hydrogène de Gaussin. 

L'association France Hydrogène (ex-AFHYPAC) a publié un rapport qui revient justement sur les temps forts de 2020. C'est à lire ici.