mardi 30 mars 2021

Bruno Le Maire souhaite que McPhy s'installe à Belfort

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a "bon espoir" que l’entreprise McPhy s’implante à Belfort (Bourgogne-Franche-Comté) et participe à transformer la ville en "territoire pilote" de développement de l’hydrogène, dans une interview exclusive à L’Est Républicain

Dans cet entretien, il exprime le souhait que cette entreprise française, spécialisée dans la production et le stockage d’hydrogène, choisira "dans les mois à venir Belfort pour implanter son usine d’électrolyseurs".

Si cette usine voit le jour, "elle pourrait créer 300 emplois dans un premier temps et jusqu’à 750 d’ici 2030", relève-t-il, y voyant "pour Belfort et tout son territoire, une garantie majeure d’être pilote en matière de développement de l’activité hydrogène en France".

Dans ce journal, Bruno Le Maire fait référence au "comité Maugis" qui a décidé de soutenir l’entreprise McPhy si celle-ci décidait de s’implanter à Belfort. Ce fonds Maugis, destiné à financer la réindustrialisation et la diversification du nord-Franche-Comté, est alimenté par la pénalité de 50 millions d’euros versée par General Electric (GE) pour n’avoir pas créé 1 000 emplois comme promis lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2015.

"L’hydrogène est pour Belfort une des activités les plus prometteuses pour les décennies à venir", selon le ministre, qui rappelle que le gouvernement a "fait le choix de l’hydrogène" en investissant "sept milliards d’euros sur cette énergie avec deux milliards d’euros qui seront décaissés d’ici 2022".

Le ministre de l’économie souhaite que "GE investisse dans l’hydrogène" pour développer l’activité industrielle sur le site de Belfort. Pour l’heure, déplore-t-il, "le compte n’y est pas encore".

jeudi 25 mars 2021

Injection d'hydrogène dans le réseau de gaz : feu vert de la CRE pour le projet Hycaunais

La Commission de régulation de l'Energie (CRE*) a publié le 11 mars une délibération sur les dossiers retenus dans le cadre du premier guichet du  dispositif d’expérimentation réglementaire prévu par la loi relative à l'énergie et au climat. 

Sur un total de 41 dossiers, 19 dossiers ont été retenus et 9 ont fait l'objet d'une analyse approfondie par la CRE. Il se trouve que le projet Hycaunais**, déposé par Storengy SAS (filiale d'ENGIE), en fait partie. 

C'est un projet qui se situe à Saint-Florentin près d'Auxerre dans l'Yonne.

"Le projet Hycaunais... "consiste à produire du méthane de synthèse par méthanation à  partir d’hydrogène (produit par électrolyse) et du CO2 issu d’un méthaniseur. Le méthane de synthèse produit serait  injecté sur le réseau public de distribution exploité par GRDF", peut-on lire dans le document publié par la CRE. 

"Storengy souhaite bénéficier du dispositif d’expérimentation réglementaire afin de pouvoir injecter le gaz de synthèse produit dans les réseaux publics. Ce projet participe au développement de la filière du gaz renouvelable en valorisant le CO2 issu d’un méthaniseur situé à proximité et permet ainsi de réduire les émissions de CO2", indique le texte. 

"En outre, les briques technologiques  employées dans ce démonstrateur sont réplicables et permettront de déployer cette technologie à grande échelle  en cas de succès de l’expérimentation. Enfin, l’électrolyseur sera piloté par un agrégateur afin d’offrir des flexibilités  au système électrique. Ainsi, les synergies entre les réseaux publics de gaz et d’électricité pourront être exploitées", précise encore le texte.

On apprend que "GRDF devra notamment, dans le cadre de cette étude, réaliser des analyses de faisabilité de l’injection, dans les réseaux publics, de gaz contenant des résidus d’hydrogène. En effet, le méthane de synthèse injecté par le porteur de projet contient des résidus d’hydrogène dont l’impact sur les réseaux n’est pas entièrement connu à ce stade. Il est, en conséquence, indispensable de s’assurer, préalablement à l’injection du méthane de synthèse, que l’hydrogène ne présente pas de risque pour les ouvrages du réseau public et pour les utilisateurs situés à proximité du  producteur", écrit la Commission.

La CRE accorde ces dérogations pour une durée de 4 ans à partir de la date de dépôt de la demande d’étude  détaillée auprès de GRDF, ou à défaut au plus tard le 31 décembre 2021. Ces dérogations sont accordées dans l’unique but de mener l’expérimentation proposée par Storengy. 

*La CRE est compétente pour fixer "les conditions de raccordement aux réseaux de transport et de distribution de  gaz naturel"
**Le projet associe également AREVA H2Gen, ENGIE GREEN, Electrochaea, ENGIE Lab Crigen) et trois partenaires publics régionaux (le Syndicat Départemental d’Energies de l’Yonne SDEY, la SEM Yonne Energie, et l’Université de Franche Comté au travers du FCLab).

mardi 23 mars 2021

Gaussin dévoile un tracteur à hydrogène autonome avec bras robotisé

C'est un concept que le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari et la Présidente de la région BFC Marie-Guite Dufay avaient découvert en avant-première. Le voici donc révélé officiellement à travers une vidéo

Le "Zero-emission Yard Automation" est une nouvelle solution de tracteur à hydrogène autonome équipé d'un bras robotisé. 

Cet engin est destiné aux grands acteurs de la logistique et du e-commerce, dont deux grands acteurs le testeront aux États-Unis et en Europe en milieu d'année.

Pour garantir une livraison chez un particulier en 24h ou en juste à temps en magasin, les opérateurs logistiques doivent mettre en place des processus et des technologies fiables avec un très haut niveau de productivité. C'est ici qu'intervient la solution de Gaussin. Elle permet d'assurer le lien entre le mouvement des remorques, semi-remorques et caisses mobiles entre les zones de parkings des équipements et les quais.

La nouvelle solution est basée sur plusieurs composants :

-les plateformes véhicules ATM et TSBM en version hydrogène déjà déployée en version électrique auprès de 40 enseignes ; 

-la technologie de navigation autonome de l'entreprise permettant aux véhicules de se localiser, de comprendre leur environnement et d'adapter leur conduite en toute sécurité en fonction des évènements sur leur parcours ;

-un logiciel de supervision et d'orchestration de flottes permettant de recevoir les ordres de missions de l'opérateur logistique et de les distribuer de manière optimale à chaque véhicule.

Gaussin ajoute donc un bras robotisé embarqué sur le véhicule qui permet la connexion et la déconnexion des connecteurs d'air et d'électricité liant la remorque et le tracteur. Le bras robotisé utilise ses caméras pour reconnaitre automatiquement les types de connecteurs et la manœuvre de connexion associée pour exécuter cette fonction clé du système logistique.

Un événement de lancement est prévu le 27 avril. 


lundi 22 mars 2021

Faurecia investit dans une nouvelle usine qui fera des réservoirs H2

L’équipementier automobile va regrouper les activités de ses sites de Beaulieu-Mandeure (échappement) et Montbéliard (sièges auto) sur sa nouvelle plateforme d’Allenjoie (Doubs). "Ce site, qui emploiera à terme plus de 1 000 personnes, assurera la production de sièges, de solutions sophistiquées de réduction des émissions et de systèmes de stockage d’hydrogène", précise le groupe dans un communiqué.

La "plateforme industrielle 4.0" d’Allenjoie, présentée aux partenaires sociaux le 19 mars, prévoit un investissement total de 165 millions d’euros et la création de 300 nouveaux emplois "hautement qualifiés" pour ce site très automatisé et robotisé. Le transfert des deux sites de Beaulieu-Mandeure et Montbéliard, soit 700 emplois au total, est prévu entre l’été 2021 et 2022.

Pour le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, "cette décision de Faurecia est une démonstration éclatante du dynamisme de notre filière automobile et de l’attractivité industrielle très forte du territoire de Nord Franche-Comté". "Ce projet vient s’appuyer sur les compétences de la région de Belfort-Montbéliard et sa vallée de l’Energie comme pôle d’excellence en matière d’hydrogène. Je suis donc très heureux que France Relance puisse accompagner cet investissement majeur", a-t-il déclaré.

Faurecia a également reçu 1,5 million d’euros de la part de la région pour sa nouvelle usine de réservoirs.

Pour le patron du groupe, Patrick Koller, "cet investissement majeur démontre, qu’ensemble avec les pouvoirs publics, nous pouvons trouver en France des solutions industrielles répondant aux enjeux stratégiques de compétitivité, de préservation de l’environnement et de création d’emplois".


mercredi 17 mars 2021

Gaussin prépare avec sérénité son virage vers l'hydrogène

Alors qu'il prépare le lancement de véhicules à hydrogène, le groupe spécialisé dans les engins de manutention et de logistique affiche des résultats en forte hausse : 40,6 M€ de chiffre d'affaires contre 18,8 M€ en 2019, un bénéfice de 1,3 M€ contre -2,9 M€ et un carnet de commandes ferme de 67,9 M€ contre 17,6 M€.

La PME d'Héricourt (Haute-Saône) propose des engins portuaires et aéroportuaires en mode zéro émission et développe par ailleurs des véhicules autonomes.

Elle étend sa gamme aux véhicules à hydrogène avec le lancement prometteur des véhicules ATM-H2 et APM-H2. GAUSSIN a annoncé un partenariat avec Faurecia qui va fournir les réservoirs à hydrogène et avec Plug Power pour la pile à combustible.

La société prépare aussi son entrée sur le marché du poids lourd routier avec l’annonce d’un accord avec Magna International, qui concède à GAUSSIN une licence exclusive mondiale pour son châssis modulaire, ultra-léger et polyvalent destiné aux applications de poids lourds routiers électriques (BEV) et à hydrogène (FCEV). Cet accord a une durée de 20 ans.

Le Groupe a par ailleurs annoncé sa participation à partir de l’édition 2022 au Dakar devenant ainsi la 1ere équipe au monde Camions 100 % hydrogène à concourir au célèbre rallye.

Mahytec impliqué dans un projet européen autour des compresseurs pour stations H2

Il y a un mois, un nouveau projet de recherche européen a été lancé autour des compresseurs pour les stations de ravitaillement en hydrogène. Un véritable enjeu car ce composant est le plus sensible en termes de coûts et de fiabilité. 

Le projet a pour nom COSMHYC DEMO et c'est le troisième projet de la série de projets COSMHYC* financée par la FCH JU (Fuel Cells & Hydrogen Joint Undertaking).

L'objectif est de démontrer la maturité du compresseur pour une application commerciale.

Coordonné par l'EIFER (Institut européen de recherche énergétique, centre commun à EDF et à l'Université technique de Karlsruhe en Allemagne), le projet associe plusieurs partenaires. Les composants seront fabriqués et intégrés dans la station par des industriels français : MAHYTEC** et EIFHYTEC (qui développent et fabriquent le compresseur thermochimique), associée au compresseur mécanique de la société Nel d'origine norvégienne. Ainsi, la solution hybride COSMHYC DEMO combine les avantages des deux technologies. 

C'est la Communauté de Communes Touraine Vallée de l’Indre (CCTVI), près de Tours, qui regroupe 22 communes et 52 000 habitants, qui mettra à disposition la station de ravitaillement H2 de la zone HYSOPARC pour tester les composants. Elle exploitera cette station pour faire le plein de sa flotte de véhicules, dont des bennes à ordures ménagères. 

Les objectifs à long terme du projet sont de favoriser l’adoption de la mobilité H2 et de préparer l’entrée sur le marché du compresseur COSMHYC, qui réduit le niveau sonore, améliore l'efficacité de la compression et diminue les coûts de maintenance. 

Le projet a démarré en février 2021 pour une durée prévue de 3 ans.

*COmbined Solution of Metal HYdride and mechanical Compressors

**Créée en 2008, la société est basée à Dole dans le Jura et est spécialisée dans le stockage de l'hydrogène. La PME est aussi impliquée dans d'autres projets sur le territoire comme HyData ou Vhyctor. Son dirigeant, Dominique Perreux est le Délégué Régional adjoint de France Hydrogène.

Projet HyData : l'hydrogène pour décarboner le numérique

Dans un article publié par Les Echos, il est question du projet HyData, porté par l'université de Franche-Comté et trois entreprises locales*.

Démarré en juillet 2020, et prévu pour durer 18 mois, le projet vise à alimenter en énergies renouvelables les générateurs de secours pour les centres de données (data centers). Plutôt que de recourir au Diesel, l'idée est d'utiliser une pile à combustible. L'hydrogène permet d'éviter le rejet d'émissions polluantes et de CO2 (si l'électricité est d'origine renouvelable).

A ce stade, une première phase du démonstrateur, intégrant une baie informatique alimentée par le générateur hybride à hydrogène conçu pour le projet, a fait l'objet d'une démonstration. Cet ensemble a permis de valider le bon fonctionnement et les performances en vue d'une reprise instantanée de l'alimentation électrique des serveurs en cas de panne soudaine du réseau électrique.

Le calendrier prévoit d'ici la fin de l'année un second démonstrateur qui permettra de passer à l'échelle avec une baie haute densité, et une autonomie allant jusqu'à 48 h. Il sera installé dans un datacenter à Belfort, avec un système combinant plusieurs piles à combustibles.

"Des géants du numérique planchent aussi sur ces questions, mais aucun n'aurait encore présenté de solution aussi avancée", conclut l'article des Echos.

Ce projet HyData est doté d'un budget de 1,5 million d'euros, financé par bpifrance et la région Bourgogne-Franche-Comté.

*H2SYS, un concepteur de générateurs électriques à hydrogène, qui fournira les piles à hydrogène ; MAHYTEC, qui offre des solutions de stockage d'énergie grâce à l'hydrogène et fournira les réservoirs d'hydrogène ; TRINAPS, un spécialiste en télécommunication et réseaux et opérateur du datacenter Extendo à Belfort où les démonstrateurs seront installés.