mercredi 17 mars 2021

Gaussin prépare avec sérénité son virage vers l'hydrogène

Alors qu'il prépare le lancement de véhicules à hydrogène, le groupe spécialisé dans les engins de manutention et de logistique affiche des résultats en forte hausse : 40,6 M€ de chiffre d'affaires contre 18,8 M€ en 2019, un bénéfice de 1,3 M€ contre -2,9 M€ et un carnet de commandes ferme de 67,9 M€ contre 17,6 M€.

La PME d'Héricourt (Haute-Saône) propose des engins portuaires et aéroportuaires en mode zéro émission et développe par ailleurs des véhicules autonomes.

Elle étend sa gamme aux véhicules à hydrogène avec le lancement prometteur des véhicules ATM-H2 et APM-H2. GAUSSIN a annoncé un partenariat avec Faurecia qui va fournir les réservoirs à hydrogène et avec Plug Power pour la pile à combustible.

La société prépare aussi son entrée sur le marché du poids lourd routier avec l’annonce d’un accord avec Magna International, qui concède à GAUSSIN une licence exclusive mondiale pour son châssis modulaire, ultra-léger et polyvalent destiné aux applications de poids lourds routiers électriques (BEV) et à hydrogène (FCEV). Cet accord a une durée de 20 ans.

Le Groupe a par ailleurs annoncé sa participation à partir de l’édition 2022 au Dakar devenant ainsi la 1ere équipe au monde Camions 100 % hydrogène à concourir au célèbre rallye.

Mahytec impliqué dans un projet européen autour des compresseurs pour stations H2

Il y a un mois, un nouveau projet de recherche européen a été lancé autour des compresseurs pour les stations de ravitaillement en hydrogène. Un véritable enjeu car ce composant est le plus sensible en termes de coûts et de fiabilité. 

Le projet a pour nom COSMHYC DEMO et c'est le troisième projet de la série de projets COSMHYC* financée par la FCH JU (Fuel Cells & Hydrogen Joint Undertaking).

L'objectif est de démontrer la maturité du compresseur pour une application commerciale.

Coordonné par l'EIFER (Institut européen de recherche énergétique, centre commun à EDF et à l'Université technique de Karlsruhe en Allemagne), le projet associe plusieurs partenaires. Les composants seront fabriqués et intégrés dans la station par des industriels français : MAHYTEC** et EIFHYTEC (qui développent et fabriquent le compresseur thermochimique), associée au compresseur mécanique de la société Nel d'origine norvégienne. Ainsi, la solution hybride COSMHYC DEMO combine les avantages des deux technologies. 

C'est la Communauté de Communes Touraine Vallée de l’Indre (CCTVI), près de Tours, qui regroupe 22 communes et 52 000 habitants, qui mettra à disposition la station de ravitaillement H2 de la zone HYSOPARC pour tester les composants. Elle exploitera cette station pour faire le plein de sa flotte de véhicules, dont des bennes à ordures ménagères. 

Les objectifs à long terme du projet sont de favoriser l’adoption de la mobilité H2 et de préparer l’entrée sur le marché du compresseur COSMHYC, qui réduit le niveau sonore, améliore l'efficacité de la compression et diminue les coûts de maintenance. 

Le projet a démarré en février 2021 pour une durée prévue de 3 ans.

*COmbined Solution of Metal HYdride and mechanical Compressors

**Créée en 2008, la société est basée à Dole dans le Jura et est spécialisée dans le stockage de l'hydrogène. La PME est aussi impliquée dans d'autres projets sur le territoire comme HyData ou Vhyctor. Son dirigeant, Dominique Perreux est le Délégué Régional adjoint de France Hydrogène.

Projet HyData : l'hydrogène pour décarboner le numérique

Dans un article publié par Les Echos, il est question du projet HyData, porté par l'université de Franche-Comté et trois entreprises locales*.

Démarré en juillet 2020, et prévu pour durer 18 mois, le projet vise à alimenter en énergies renouvelables les générateurs de secours pour les centres de données (data centers). Plutôt que de recourir au Diesel, l'idée est d'utiliser une pile à combustible. L'hydrogène permet d'éviter le rejet d'émissions polluantes et de CO2 (si l'électricité est d'origine renouvelable).

A ce stade, une première phase du démonstrateur, intégrant une baie informatique alimentée par le générateur hybride à hydrogène conçu pour le projet, a fait l'objet d'une démonstration. Cet ensemble a permis de valider le bon fonctionnement et les performances en vue d'une reprise instantanée de l'alimentation électrique des serveurs en cas de panne soudaine du réseau électrique.

Le calendrier prévoit d'ici la fin de l'année un second démonstrateur qui permettra de passer à l'échelle avec une baie haute densité, et une autonomie allant jusqu'à 48 h. Il sera installé dans un datacenter à Belfort, avec un système combinant plusieurs piles à combustibles.

"Des géants du numérique planchent aussi sur ces questions, mais aucun n'aurait encore présenté de solution aussi avancée", conclut l'article des Echos.

Ce projet HyData est doté d'un budget de 1,5 million d'euros, financé par bpifrance et la région Bourgogne-Franche-Comté.

*H2SYS, un concepteur de générateurs électriques à hydrogène, qui fournira les piles à hydrogène ; MAHYTEC, qui offre des solutions de stockage d'énergie grâce à l'hydrogène et fournira les réservoirs d'hydrogène ; TRINAPS, un spécialiste en télécommunication et réseaux et opérateur du datacenter Extendo à Belfort où les démonstrateurs seront installés.


mardi 16 mars 2021

De l'hydrogène à partir d'éoliennes entre Tille et Venelle ?

Située au nord de Dijon, la communauté de communes* Tille et Venelle – Porte de Bourgogne a décidé de lancer une étude sur la production d'hydrogène. Elle sera lancée le 19 mars. 

Le territoire héberge un parc éolien qui compte 16 turbines de 3 MW. Le parc, qui doit son nom aux deux cours d’eau qui l’environnent, est implanté sur les communes d’Avelanges, Marey-sur-Tille, Villey-sur-Tille et Selongey, et se situe principalement en zone forestière. 

Le parc produira 107 GWh par an soit la consommation électrique d’environ 50 000 personnes l’équivalent d’un tiers des habitants de la ville de Dijon. La puissance du parc éolien Entre Tille et Venelle s’avère être quatre fois supérieure à la moyenne française.

Ce projet est porté par le groupe chinois Envision, à travers sa filiale Velocita énergies.

L'éolien est une source d'énergie sur laquelle s'appuie la région Bourgogne-Franche Comté qui vise la neutralité carbone en 2050. Elle peut servir à la production d'hydrogène par électrolyse à partir d'électricité verte, comme ce sera le cas par exemple à Auxerre.

*Elle compte 18 communes et 5 122 habitants

vendredi 12 mars 2021

Jean-Baptiste Djebbari de retour en région BFC pour l'hydrogène

Pour ceux qui en douteraient, la Bourgogne-Franche Comté est vraiment à la pointe de l'hydrogène. Une semaine après la signature d'un bon de commande pour trois trains bi-mode (électrique et avec pile à combustible) auprès d'Alstom, le ministre délégué chargé des Transports est de retour sur le territoire en ce vendredi. 

Cette fois, il se rend dans le Doubs pour visiter le site de Faurecia Clean Mobility, et plus particulièrement de son centre d’expertise dédié aux systèmes de stockage à hydrogène. La visite de M. Djebbari intervient au moment où l'équipementier s'apprête à devenir une entreprise indépendante après la décision du groupe PSA de réduire sa part du capital.

Après un échange en préfecture du Territoire de Belfort avec les entreprises du secteur, il se déplacera cet après-midi en Haute-Saône pour visiter l’entreprise Gaussin, producteur de véhicules lourds motorisés à l’hydrogène. 

Le ministre qui sera accompagné par la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, sera guidé pour cette visite par Christophe Gaussin, PDG du Groupe GAUSSIN. La délégation assistera en avant-première à une présentation privée de deux nouvelles technologies qui vont ouvrir de nouveaux marchés au Groupe. L’une concerne l’automatisation de la logistique du E-commerce et l’autre le lancement d’une nouvelle offre de transport routier. Ces deux lancements seront dévoilés les 23 mars et 27 avril prochains.

mercredi 10 mars 2021

APSIIS : des ex-GE de Belfort se penchent sur l'hydrogène

Le journal Le Monde consacre aujourd'hui un article à un incubateur qui cherche à maintenir sur place l'activité d'ingénierie dans l'énergie qui décline dans la région de Belfort. 

Il s'agit en fait d'(une association qui a pour nom APSIIS (Association de Préfiguration de Sociétés d'Intégration et Ingénierie Systèmes). Elle est constituée de plusieurs syndicalistes de General Electric, d'un des ses anciens directeurs, de chefs de projet de l'AER (Agence économique régionale de Bourgogne-Franche-Comté) ainsi que d'un consultant en innovation.

L'AFP et Le Figaro ainsi que d'autres médias, en particulier locaux, ont déjà relayé l'information. 

L'objectif est de développer des activités (création d'entreprises, partenariats avec des groupes...) dans l'ingénierie de projets dans le domaine de l'énergie pour "pérenniser" et "développer" l'emploi local dans cette spécialité, expliquent ses fondateurs.

Soutenue par les pouvoirs publics (région BFC, Grand Belfort, Pays de Montbéliard), l'association espère avoir dans les prochains mois "une trentaine d'adhérents". 

APSIIS cible "deux axes prioritaires" dont l'hydrogène. L'association entend transformer les idées en "projets prêts à être financés", par exemple créer de nouvelles entreprises ou attirer à Belfort et ses environs des industriels extérieurs au territoire, explique Jean Maillard, ingénieur-consultant membre fondateur de la structure. Elle s'appuie sur un comité consultatif et scientifique dont font partie notamment l'UTBM et le cabinet de conseil en ingénierie Altran.

L'association a aussi déposé une demande pour bénéficier d'une subvention dans le cadre du fonds Maugis (doté de 50 millions d'euros, issus d'une pénalité infligée à General Electric).


lundi 8 mars 2021

Marie-Guite Dufay et Nathalie Loch : deux femmes de l'hydrogène saluées par Green Univers

Ce 8 mars était la journée du droit des femmes. Une date symbolique pour dévoiler les résultats de la 4e édition du Prix des femmes des énergies renouvelables (devenu en 2021 le Prix des femmes de la transition énergétique). Organisé par Andera Partners et GreenUnivers, il met en avant 20 championnes des EnR mais aussi de l’hydrogène, de la rénovation énergétique ou encore de la mobilité durable, sélectionnées par le jury parmi 75 candidatures. 


On retiendra notamment parmi les lauréates le choix de Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté (dans la catégorie Secteur public)

Membre du parti socialiste, elle a ainsi soutenu l’année dernière lors des élections municipales l’écologiste Anne Vignot, devenue maire de Besançon. Une ville où siège aussi l’exécutif régional. Elle a fait adopter un plan de relance largement fléché vers l’écologie. Cet investissement s’inscrit dans le plan de relance de l’économie régionale décidé en 2020 et tout aussi inédit. Sa particularité ? Sur 435 M€ de financements 100 % régionaux, 237 M€ sont fléchés vers l’écologie. Plus de la moitié. Mme Dufay participe aussi à l'émergence d’une “vraie filière dans l’hydrogène renouvelable ». D’ailleurs, le 5 mars, la présidente a signé une commande de trois trains à hydrogène auprès d’Alstom, pour 51,9 M€. Les premiers essais sont annoncés en 2023 entre les gares d’Auxerre et de Laroche-Migennes (Yonne).


A noter que l'une des nominées dans cette catégorie est Nathalie Loch, Cheffe de projet Hydrogène à l'AER Bourgogne-Franche-Comté (éditeur de ce blog). 

Développer l’hydrogène est un engagement personnel pour la nouvelle déléguée régionale France Hydrogène de Bourgogne-Franche-Comté. Docteure-ingénieure ENSMM, Nathalie Loch promeut cette énergie aux investisseurs potentiels, aux partenaires et aux entreprises de la région depuis ses débuts à l’Agence économique régionale de Bourgogne-Franche-Comté

Le prix des femmes a également mis à l'honneur Valérie Bouillon-Delporte, Madame mobilité hydrogène chez Michelin et Présidente d'Hydrogen Europe dans la catégorie Secteur privé, et Florence Lambert (ex-CEA Liten, Présidente de Genvia) dans la catégorie Innovation.