vendredi 5 mars 2021

Auxerre : des trains H2, mais aussi des bus et des BOM

Il a été question en ce vendredi des futurs TER à hydrogène qui vont circuler à partir de 2023 sur la section Auxerre - Laroche Migennes. Ces trains seront alimentés par une station, élaborée dans le cadre d'un projet global sur l'hydrogène.

L’ambition de l’agglomération d’Auxerre est de convertir sa flotte de bus à l’hydrogène, en intégrant dès 2021 cinq bus à hydrogène à son réseau de transport en commun. Équipés de piles à combustible fournies par Symbio, ces bus ont été commandés au fabricant français SAFRA et seront gérés par Leo, filiale de Transdev.

Pour l’alimentation de cette future flotte, l’agglomération auxerroise a fait le choix d’une production locale d’hydrogène vert par électrolyse. Réalisée et exploitée par Hynamics, filiale du groupe EDF, au travers de sa société de projet CP3, l’hydrogène sera produit à partir entièrement issu de sources renouvelables (les parcs éoliens, les barrages hydroélectriques du Morvan…) dont l’origine locale sera garantie par des certificats de garantie d’origine. "Le groupe EDF est pleinement engagé aux côtés de la Région Bourgogne-Franche-Comté et de la Communauté de l’Auxerrois pour la transition énergétique et écologique de leurs territoires", indique Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe.

D’une capacité initiale de 400 kg/jour, cette station donnera naissance à un véritable écosystème territorial et permettra d’alimenter des usages multiples : mobilité lourde (bus, camions, trains, bennes à ordures ménagères), véhicules utilitaires de flottes privées et publiques, industrie (notamment avec les équipementiers locaux), navigation fluviale et applications stationnaires dans le bâtiment.

"Notre projet d’écosystème hydrogène est disruptif, commente Crescent Marault, Président de la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois et maire d’Auxerre. "En décembre dernier, les décideurs, institutionnels mais surtout industriels, ont bien compris l’ampleur du projet : depuis, la synergie d’ensemble révèle des acteurs désireux de participer à la construction de ce grand hub technologique. C’est la validation d’une stratégie ambitieuse : créer autour d’une technologie tout un système transversal, source d’une vraie valeur ajoutée et intégrant la production, la distribution, la consommation, prémices d’une économie circulaire de l’énergie", conclut-il.

Plus de détails sur les trains H2 de la région BFC

Le bon de commande passé officiellement ce matin par la région auprès d'Alstom concerne le train régional Coradia Polyvalent bi-mode hydrogène (électrique et H2). Il peut atteindre une vitesse maximale de 160 km/h et transporter jusqu’à 220 passagers pour une autonomie comprise entre 400 et 600 km. 

Ce train plus propre est l'aboutissement d’un travail engagé en 2018, mené en partenariat avec les équipes SNCF. Les premiers essais de ces TER à hydrogène sont prévus pour 2023. En Bourgogne-Franche-Comté, ces trains seront dans un premier temps destinés à rouler sur la ligne entre Auxerre et Laroche-Migennes. 

L’arrivée des trains à hydrogène vise à remplacer les locomotives et les automoteurs TER diesel circulant sur les parties non électrifiées du réseau.

"L’arrivée des premiers trains à hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté est l’incarnation du partenariat fort que nous avons co-construit avec également 3 autres régions (Auvergne-Rhône-Alpes-Auvergne, Grand Est, Occitanie) : une belle illustration de l’action des Territoires en faveur du climat, de la qualité de l’air et de la maîtrise de l’énergie, pour une transition écologique choisie", commente le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.

"La France rejoint le cercle des pays fondateurs du train à hydrogène", complète le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge.

Train H2 : la région BFC en pointe grâce à son écosystème territorial

Ce matin, à Auxerre, une conférence a été organisée pour la signature d'un bon de commande pour l’achat de trois trains à hydrogène auprès d'Alstom. 

Retransmise sur youtube, et accessible en replay, elle a eu lieu en présence de Jean-Baptiste Djebbari, ministre en charge des Transports et de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie. 

Il y avait aussi le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge ; celui de la SNCF, Jean-Pierre Farandou ; celui d'EDF, Jean-Bernard Lévy ; et des élus dont la Présidente de la région Bourgogne-Franche Comté, Marie-Guite Dufay et le maire d'Auxerre Crescent Marault.

Pendant une heure et demie, il a été question du déploiement de l'hydrogène, de l'apport des trains H2, mais aussi de tout l'écosystème qui va se mettre en place autour d'Auxerre et de la stratégie H2 de la région.

Voici en résumé quelques prises de parole. 


Crescent Marault, maire d'Auxerre a déclaré : "c'est une démarche ambitieuse, un bon exemple de binôme entre la région et l'intercommunalité. C'est une signature exemplaire. S'agissant de la ligne Auxerre-Laroche-Migennes, il ne s'agit pas seulement de rattraper le retard, mais de préparer les métiers de demain. Le territoire se distingue par son tissu industriel et ses compétences. Nous prévoyons de faire un hub pour que de l'hydrogène vert puisse alimenter des bennes à ordures, des bus et bien sûr les trains".


Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom est revenu sur "l'expérience de l'Allemagne". Il a ensuite déclaré : "notre train a 1 000 km d'autonomie, c'est plus qu'une Tesla. Autant les trains Diesel émettent des vibrations, autant le train H2 se distingue par le calme et la sérénité". Il a salué "l'impulsion donné par la région" et "la dynamique autour de l'hydrogène". 

Le PDG a aussi mis en valeur le rôle des territoires d'innovation, citant au passage le site d'Ornans pour les moteurs et de Belfort pour le TGV et une future locomotive H2, même si le centre excellence mondial de traction hydrogène d'Alstom se situe à Tarbes. 


La Présidente de la région BFC, Marie-Guite Dufay a salué "un plateau conséquent", remerciant les personnalités qui n'ont "pas hésité à répondre à l'invitation". Elle a aussi évoqué le travail réalisé par Frédérique Colas, Vice-présidente en charge de la transition écologique et de l'environnement. Mme Dufay a ensuite fait part de son "émotion pour un projet d'avenir murement bâti", remerciant au passage l'Etat pour son aide au financement des trains H2. 

Elle a souligné que "l'hydrogène avait permis une synergie entre la Bourgogne et la Franche Comté, grâce à une rencontre entre les acteurs de l'éolien d'Auxerre et de l'Yonne avec les académiques de Belfort". "Ils n'avaient jamais travaillé ensemble", a-t-elle rappelé. La Présidente a ensuite évoqué les villes de Dijon, Dole, Nevers et Mâcon. "La région bouge sur l'hydrogène et ce n'est pas de la com', car elle agit avec détermination", a-t-elle lancé. Marie-Guite Dufay a également mentionné le nom de quelques acteurs du territoire comme Gaussin, H2sys, Avions Mauboussin, Mahytec et bien sûr Faurecia qui a un centre mondial de recherche sur les réservoirs. Il a aussi été fait référence au projet ISTHY de tests de réservoirs.

Dans son discours, elle a aussi mentionné le forum Hydrogen Business for Climate, qui a eu du succès en janvier et qu'elle espère pouvoir organiser en mode normal en septembre.


Pour sa part, Jean-Baptiste Djebbari a rappelé qu'une signature avait eu lieu la veille sur les petites lignes avec Michel Neugnot, Vice-président en charge des finances, des ressources humaines, des transports, des déplacements et des intermodalités. Le ministre a salué la "complémentarité des actions et méthodes" entre l'Etat et les territoires. Revenant sur le plan français de l'hydrogène, il a précisé que les 7 milliards n'allaient pas servir à "saupoudrer", mais "à concentrer les financements sur des briques comme les électrolyseurs". Il appelle à une "massification de la prod d'hydrogène décarboné". 

M. Djebbari estime qu'il faut travailler sur les infrastructures dans un esprit de "complémentarité entre les modes avec des hubs pour les trains et les bus" et de "cohésion des territoires". Il estime qu'en 2030, "plusieurs centaines de rames à hydrogène pourraient être en circulation".

Alors qu'il s'apprête à revenir en région BFC à Belfort pour le TGV du futur, il s'est félicité de voir la France "oeuvrer pour sa souveraineté énergétique et la transformation industrielle" et dans un "esprit de conquête".


jeudi 4 mars 2021

Le groupe Hensoldt rachète Mahytec

Actionnaire de Nexeya, une entreprise qui travaille en partenariat avec Mahytec, le groupe allemand Hensoldt annonce qu'il va procéder au rachat de cette PME de Dole. 

Cette acquisition va permettre au groupe, basé à Munich, de renforcer ses compétences dans le stockage de l'hydrogène et d'adresser ainsi la mobilité lourde et l'aéronautique, en plus d'apporter une solution dans les zones reculées et en cas de crise. Elle devrait se finaliser avant l'été.

A la base, Hensoldt travaille dans les capteurs (civils et militaires) et plus particulièrement l’électronique pour répondre au besoins en matière de gestion de données, de robotique et de cyber sécurité. L'hydrogène est un moyen de diversifier l'offre. Au passage, notons que le groupe utilise l'hydrogène pour réduire son empreinte carbone et que l'un de ses sites en France est autonome grâce à cette énergie.

Pour sa part, Mahytec a été créé en 2007. L'entreprise est spécialisée dans les réservoirs de stockage à basse pression et le stockage solide de l'hydrogène. Elle collaborait depuis des années avec Nexeya, racheté en 2019 par Hensoldt.

Dominique Perreux, le fondateur de la PME, se dit enchanté de rejoindre un groupe qu'il connaît bien et d'apporter son expertise dans le stockage d'hydrogène.

Un écosystème régional autour du train à hydrogène

Comme nous l'écrivions  dans un précédent post, une première commande de trains à hydrogène, pour 51,9 millions d'euros, va être passée par la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle sera officialisée ce vendredi à Auxerre, en présence du ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Le bon de commande auprès d'Alstom porte sur trois TER à hydrogène.

Les trois rames H2 circuleront sur les lignes Avallon-Auxerre et Corbigny-Clamecy-Auxerre, mais aussi entre Auxerre et Dijon.

La région BFC n'est pas la seule à vouloir expérimenter le train à hydrogène, puisque des projets similaires sont portés par les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est et Occitanie. Toutefois, le territoire a une singularité. 

La Bourgogne-Franche-Comté est "la seule à avoir un écosystème territorial complet", fait valoir le premier vice-président chargé des Transports, Michel Neugnot. Un centre de production d'hydrogène, installé à Auxerre, alimentera en effet "non seulement le train à hydrogène, mais également des bus, des bennes à ordure et possiblement du transport par voie d'eau et des entreprises locales faisant du fret", a ajouté M. Neugnot. "On est dans la pluridisciplinarité" qui va de la production d'hydrogène aux transports, en passant par l'industriel, a-t-il souligné.

mercredi 3 mars 2021

Une visite ministérielle pour le train à hydrogène

A partir de ce jeudi, et pour deux jours, le ministre chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari, sera de passage sur le territoire. Il se déplacera à Dijon, Auxerre et Nevers. 

Le ministre signera notamment à Dijon une convention sur les petites lignes ferroviaires entre l'Etat et la Région avec Michel Neugnot, le premier vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Vendredi, à Auxerre, M. Djebbari sera présent pour la signature d'un bon de commande pour l’achat de trains à hydrogène en présence de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie. La région souhaite une expérimentation de trains H2 sur la ligne entre Auxerre et Laroche-Migennes. Elle va acheter à Alstom pour ses lignes régionales trois trains fonctionnant avec cette énergie propre. Un contrat à 51,9 millions d'euros.

mardi 2 mars 2021

L'apport de l'hydrogène dans les îles : un projet piloté par le Femto-ST

Voici un peu d'exotisme avec le projet HyLES (Intégration de l’Hydrogène dans Les résEaux faiblement ou non-interconnectéS), qui vient d’obtenir un financement par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). 

Si on vous en parle, c'est parce que le chef de file est l’Institut FEMTO-ST (Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique – Sciences et Technologies.

Le projet vise à étudier le(s) rôle(s) que peut avoir l’hydrogène pour accompagner une transition vers l’indépendance énergétique et la neutralité carbone pour la production d’électricité et les transports dans les zones faiblement ou non interconnectées. Trois territoires sont visés : la Corse, l’île de La Réunion et la Polynésie Française (dans deux îles). 

Une équipe de chercheurs en sciences humaines et sociales va étudier "le potentiel d’acceptabilité de cette technologie, dans ces trois territoires", explique Nicolas Simoncini, maître de conférences à l’UTBM. Ils vont regarder le contexte géographique, sociologique, culturel ou encore économique. Une étude d’impact sera réalisée pour appréhender les conséquences de l’utilisation de cette technologie sur la vie des gens.

Le projet HyLES va aussi étudier où il est le plus pertinent d’installer l’hydrogène dans les zones résidentielles ou tertiaires, les ports ou à l’échelle des îles entières. Une étude sera menée pour envisager une déclinaison de la technologie sur les transports, pour les bateaux par exemple.